Single Facsimile View | View Transcribed Page

Single Text View

Page icon Link to an image of this page [A1r]
LIVRET
des Emblemes, de maistre Andre
Alciat, mis en rime francoyse,
& presente a mon seigneur
Ladmiral de
France

Printer's mark of Wechel
[Click on image to enlarge]

On les vend a Paris, en la maison de
Chrestien Wechel, demeurant en la
rue sainct Jaques, a lescu de Basle.
M.D. xxxvi. Page icon Link to an image of this page [A1v]
REVERENDO IN CHRI
STO PATRI D. PHILIBERTO
Baboo Angolismensi Antistiti, Domini suo &
patrono omnibus modis observando,
Christianus Wechelus. S.D

APud Aegyptios morem fuisse legimus,
Antistes reverende, ut singuli vitae suae
rationem destinato magistratui pro-
barent, existimantes reipublicae pluri-
mm interesse, ut omnes in officio es-
sent. Quod cm ego in animo cogitationeque versarem,
circumspicere coepi, si quam mihi viam ipse communi-
re possem, qua & vitam honest tuerer, & mei usum
aliquem Reipublicae adferrem. Delegi itaque ex tanta
exercitationum universitate artem excudendorum li-
brorum, quam passim incultam & pen abiectam ia-
cere videbam. Vanus sim, nisi id qum plurima Au-
torum monumenta, Typographorum incuria miser
contaminata palm testentur. Testis & hic Andreae Al-
ciati Emblematum libellus, qui superioribus annis, id-
que autoris iniussu, tam neglect, ne quid gravius ad-
dam, apud Germanos invulgatus fuit, ut illius minuen-
dae existimationis erg, malevolis quibusdam id fuisse
factum, plurimi interpretarentur. Quam ob rem mea-
rum partium esse putavi, ut nova aeditione, & lecto-
ribus consulerum, & notam D. Alciato negligentia
prioris inustam, quantm in me quidem esset, eluerem.
Page icon Link to an image of this page [A2r]Quanquam autem Alciatus invitus fecit, ut studiorum
suorum tyrocinia in manus hominum emitteret, quo-
niam tamen opus semel aliorum temeritate excusum
supprimere vix erat integrum, facil ab eo impetra-
vi, ut ad limam revocaret, & foetum illum immatu-
rum informemque, ursi instar, lambendo conformaret.
Mendas itaque quibus scatebat undique, sustulit, pluri-
ma etiam retractavit & correxit, addidit item non
pauca, ut eo autore, nunc demum liber prodire videa-
tur. Quod ad me attinet, pro viribus contendi, ne in
formandis iconibus, quae san ut in eo libello quam plu
rimae sunt, neque laborem me ullum, neque impensas sub-
terfugisse quisquam iure obiicere queat. Sub civis ver
auspiciis potius qum tuis, Philiberte Antistitum de-
cus, libellum hac παλιγγενεσΐα renatum emitterem,
alium habebam neminem: qud scirem nihil ex Alciati offi
cina proficisci, quod idem tu non inter κειμήλια, &
velut in sanctius aliquod aerarium reponendum exi-
stimes. Velis igitur Antistes reverende, pro singulari
tua humanitate hunc nostrum laborem benign susci
pere. Quod si feceris, multo me in posterum alacrio-
rem reddideris, ut alios quoque autores quam plurimos [=plurimi]
ex altissimis mendarum tenebris in suum splendorem
nostra opera educantur. Bene vale, & me inter illos
esse velim tibi persuadeas, qui nominis tui & dignita
tis sunt studiosissimi, ut alia desint omnia. Lutetiae ex
officina nostra typographica, Anno M.D.XXX.VI.

Page icon Link to an image of this page [A2v]
A treshault et puissant seigneur,
Monseigneur messire Philippe Chabot,
chevalier de lordre, Conte de Burancoys
& Charny. Baron Daspremont, de Paig-
ny et de Myrebeau seigneur de Bryon,
de Beaumont et de Fonteine Francoyse.
Admyral de France, Bretaigne & Guyen-
ne. Gouverneur & lieutenant general pour
le Roy en Bourgongne, aussi lieutenant ge
neral pour monseigneur le Daulphin, ou
gouvernement de Normandie, Jehan le fevre
secretaire de monseigneur reverendissime
Cardinal de Givry, Dit humble salut.

SIl est ainsi hault et puissant
seigneur que aucunesfois lon
travaille a faire jeux publi-
ques pour esjoyr & consola-
tier les habitans dune ville, sans quon sai
che a qui lon sefforce complaire. Cest chose
bien juste, que la ou nous congnoissons le chef
de nostre province aggrave de soucyz pour
le pays, travaille de labeurs continuelz
pour le bien du peuple: & par ce souvent sepa
Page icon Link to an image of this page [A3r]re de sa sante ordinaire: nous mettions noz
effors en ouvraige, pour dresser chose qui
luy complaise, partie par comedies ligie-
res, partie par matieres graves & senten-
ces dignes de celluy a qui la recreation est
aprestee: affin que les joyeux propos cou
stumiers de effacer tristesse, puissent mainte
nir sa virilite suyvant le dire de Salomon,
et les graves sentences se saichent accom
moder a sa severe prudence tres utile a tous
ceulx de son gouvernement. A ceste cause
mon treshonore seigneur, pour aucunement
restituer ce que je vous dois en service, et
satisfaire au relief de vostre recreation (que
le grand poix des affaires du royaulme
tient en surseance) jay ause employer quel
ques jours a reduire en francoys ung pe-
tit livret, lequel je nomme selon son premier
tiltre, Les Emblemes ou les Marqueteures
de maistre Andre Alciat, homme qui tient
pleine jurisdiction ez sciences, & qui nest
pas moins luysant par la doctrine legale
que par les sciences humaines, selon que
Page icon Link to an image of this page [A3v]assez le vous a insinue son renon, & la re-
lation tant de ceulx que son erudition a
dressay [=dress] , que aultres gens de riche estude,
dont vostre maison & famille est decoree.
Il peult advenir que mon occupation se
treuvera menue a la comparaison de ce que
vous appartient: mais jay ainsi choisy
pour ceste fois, au moyen de ce que plusieurs
gentilz hommes de la court, se delectent non
seullement a faire paindre, ains a faire effi
gier de orfavrerie diversitez de ymages,
quilz nomment devises, y adjoustans quel
ques sentences propres et consonantes. A quoy
me semble ce present livret estre tresconfor
me, & dont ma hardiesse a cueilly occasion
de le faire comparoir pardevant vous. Tou
tesfois si ce petit besoigne se treuve debi-
lement pourveu dautorite pour assister
soubz vostre lecture, il pourra parvenir de
vant ma Dame vostre treschiere amye &
espouse: laquelle (ainsi que promet mon
espoir) convertira sa bonne grace devers
quelque feuillet de ce livre Car il nest aujour
Page icon Link to an image of this page [A4r]dhuy chose tant desdaignee entre les hom
mes, que nayt sa portion daornement ou de
utilite: ce que nature a providemment voulu
affin que les choses de petite extime ne
perdissent leur estre, ou fussent effacees
de la souvenance des hommes. Je pense
bien quil sera veu par plusieurs personna-
ges qui obtiennent meilleure place que moy
en toute facon descripre, & qui plus heureu
sement eussent mis la main a mon entre-
prise, comme mieulx appelez, & de plus long
temps, a dresser propos de francoyse eloquen
ce. Parquoy je me declare prest a souffrir
leur lime, & patiemment recepvoir leur cor
rection: soubz laquelle je confesse ja, que je
nay pas tousjours garde lintegrite de cha
scun polistique ou epigramme, en reddant [=rendant]
parolle pour parolle: ains me suys contente,
suyvant la doctrine de Horace, de exhiber
largument diceulx: et ce, ainsi prochaine
ment que les vers dune langue veullent
souffrir estre transportez a vers daultre lan
gage. Ce que nay peu faire icy precisement,
Page icon Link to an image of this page [A4v]pource que jay travaille de tousjours ob-
server le nombre de huict vers: & il est no-
toire que le distique de la fertile langue la-
tine surpasse trois vers francois du com-
mun gendre: laquelle exuberance ma rap-
porte obligation prohibitive de plus fort
aprocher le texte. Qui est cause que soubz
le privilege des licences poetiques, jay use
dobtruncation & habundance, selon le be-
soing. Ce que presentement je metz entre
voz munifiques mains, avec loffre de mes
humbles services. Affin que vous puissez
asseoir vostre sain jugement sur les gran-
des differences estans entre celluy qui humble
ment desire scavoir, & celluy qui scait dont
lon emprunte les matieres de construction.
Et si loeuvre vous est aggreable, ce me sera
ung esperon pour faire plus grand effort
a vous complaire, selon que je dois, & que
jen ay bonne affection, comme scait nostre
seigneur. Auquel je fais prieres vous don
ner prospere & longue sante au magnifi-
que estat ou il vous a constitue.

Page icon Link to an image of this page [A5r]
Lacteur des translations.

Ce livre pour ung peu de vent,
Sen voulut ung jour envoler:
Je luy mys la main au devant
En disant, ou veulx tu aller?
Cest folye te mettre a lair,
Quant encor tu na de ame advueu:
Assez mest (respond son parler)
Si dire puys, monsieur ma veu.

Page icon Link to an image of this page [A5v]
CLARISSIMI VIRI
D. ANDREAE ALCIATI
in libellum Emblematum Praefa-
tio, ad D. Chonradum
Peutingerum Au-
gustanum.

Dum pueros iuglans, iuvenes dum tessera fallit,
Detinet & segnes chartula picta viros,
Haec nos festivis Emblemata cudimus horis,
Artificum illustri signaque facta manu.
Vestibus ut torulos, petasis ut figere parmas,
Et valeat tacitis scribere quisque notis.
At tibi supremus preciosa nomismata Caesar,
Et veterum eximias donet habere manus.
Ipse dabo vati chartacea munera vates,
Quae Chonrade mei pignus amoris habe.

Page icon Link to an image of this page [A6r]
La preface au livret des bigarreures du
luysant homme Andre Alciat, fai-
cte a maistre Conrad Peu-
tingre de Auspurg.

PEndant que enfans au jeu de noix se amusent,
Et les plus grands souvent aux dez se abusent,
Pendant que aucuns auz cartes perdent temps.
Jay cy dresse (selon que jentends)
Quelques propos composez par hystoires:
En quoy je rends voyes, a tous notoires,
Comme ilz pourront par seulz signes bien dire,
Et maintz bons motz, sans letre faire escripre:
Quon peult poser en signeaulx & doreures
De escuz, bonnetz, & en aultres pareures:
Pour maintenant cy tel present rendons,
Laissans aux Roys les gros presens & dons.
Donques Conrad, prends de mamour ce gaige.
Ung poete a tous se [=ses] dons en langage.

Hint: You can turn translations and name underlining on or off using the preferences page.

 

Back to top