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TOUCHER FEMME EST
MAUVAIS

Au temps d’Hyver, sur la morte saison,
Un bon Rustic mena en sa maison
Un souvage homme, un Satyr, demourant
Dedans les bois: presquè de froid mourant.
Venu qu’il fut au domestique lieu
Pour le Satyr chaufer, il fit beau feu.
Et pour manger, mit cuire des chastaignes.
Mais le Satyr nourry sur les montaignes,
Qui n’avoit veu jamais feu allumé:
Le trouva beau: & digne d’estre aimé.
Bien avoit veu, & senty le Soleil
Luysant, & chaut: le feu voioit pareil.
D’oud il pensoit en sa cornue teste,
(Comme il estoit à demy homme, & beste)
Que le Soleil fust du Ciel descendu
En la maison, par le Fourneau fendu.
Parquoy s’en vint vers la flamme addresser.
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [C3v p38] Et la voulut baiser, & embracer.
Mais le Rustic le retint de ce pas.
En luy disant. Boucquin, n’y touche pas.
Car si garder d’y toucher ne te veux:
Tu brusleras ta barbe, & tes cheveux.
Ce que tu vois à loil beau, & luysant:
Sache qu’il est à le toucher cuysant.
Le veoir bien plaict: le toucher brusle, & ard.
N’y touche donc’. sois content du regard.[1]
Cest apologue enhorte adolescens
(Qui sont encor demy-hommes en sens)
De n’atoucher Veneriennes flammes:
Et n’approcher de trop pres folles femmes.
Car la beauté en doux vis feminin,
(Dessoubz lequel souvent gist le venin)
Comme est plaisant la veoir, sans approcher:
Autant est il nuysant de l’attoucher.

Notes:

1.  This story seems very resonent of Aesop’s The Satyr and his Guest, but in that story it is the human who is lost in a wintry forest, and the human’s ability to both warm thing up and cool things down with his breath that startles the satyr (Avianus version, no. 29, ‘de viatore et fauno’).



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