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La volupté ne va sans le regret.

LA corruption de nature ne produit à l’homme poi-
son plus mortifere que la volupté charnelle, laquel-
le paroissant imiter le bien, est neantmoins feconde nou-
rice du mal: Elle pervertit tout ce qui est de bon & de
beau: c’est une amorce au vice de laquelle les mortels
sont surpris comme le poisson par le decevant hameçon:
car ses especes allechantes s’accostent de nous couver-
tes du masque de beauté, qui deçoit par son blandissement,
& à leur depart nous laissent le regret & la repentance
avec mille douleurs. De leur affections naissent quasi tous
les maus qui sapent & ruinent les bases de nostre vie hu-
maine, & deplacent imperieusement la raison de son si-
ege, bannissant de nos ames toutes les vertus. Quiconque
les reçoit juge des choses selon le sens charnel, & trou-
ve de bon goust ce qui est addoucy par le miel des
plaisirs charnels: mesme rejette ce qui est contraire
à la sensualité. Certes nous ne sommes dignes du nom
d’homme si nous consommons tout un jour à ces delices:
voire si de tout nostre pouvoir nous ne les expulsons,
nous persuadons qu’entant que nous honorons Dieu, &
sommes touchez de l’amour de nostre prochain, nous ne
devons rien commettre injustement, ny qu’aille au delà
des bornes de continence: car l’homme de bien cerche
& suit les choses honnestes, non celles dont le jour à hon-
te, ayant cognoissance comme il a que la douceur qui pro-
vient de volupté se convertit soudain en amertume.

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XXXVIII.

DELECTIT ET ANGIT.[1]

Si c’est à juste droit que la fille indiscrette
Qui pour flater son goust la douceur appetant,
Va contre le devoir la ruche furetant,
Sente l’aspre esguillon de l’indignée avette:
C’est bien plus justement que qui sale se jette
Dans le sordide essain de l’orde volupté,
Sente l’aspre esguillon de sa brutalité,
Et l’interest present de sa perte regrette.

Notes:

1.  For the image of the bee in relation to pleasure and suffering, see Alciato, ‘Dulcia quandoque amara fieri’ (Sweetness turns at times to bitterness; [FALa089], and corresponding emblems), and the emblem that follows, ‘Fere simile ex Theocrito’ (Something more or less the same from Theocritus).



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