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Sur le pourtrait d’un flateur

De Diogenes.

D’amour & foy le siege est en la main,
Dont si quelqu’un, de façon peu aymée,
Cachant en luy un cueur riens moins qu’humain,
A son amy donne la main fermée,
C’est un flateur. En amour confermée
De recepvoir telles gens garde toy:
Car en flateurs & vendeurs de fumée,
Ny [=N’y] eut jamais asseurance de foy.

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Contre les dissimulateurs.

De Plaute.

Qui mauvais coeur couvre d’un faux semblant
Et d’un François ne tient note ne tache:
Bien se peut dire à celuy resemblant
Qui du pain montre, & une pierre cache.

NARRATION PHILOSOPHIQUE.

HOmere haïssoit à merveilles & te
noit comme descendus des furies
ceux qui ayant une chose au coeur,
disoient d’autre de bouche. Telles gens
Plaute autheur tresfameux en la vielle co
medie, disoit montrer du pain de la dextre
& cacher une pierre en la senestre: Par-
ce que en derriere ilz medisent de ceux,
desquelz ilz se montrent grands amis.
Qui est la chose qui plus est contraire à
l’amitié que nulle autre. Et dit,[1] ou bien étre
point en amitié plus grande peste, que
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [K6v p156]simulation & flaterie: & dangereuse est
l’assentation de ceux qui parlent tout au
plaisir, & non à la verité. Car si Pytago
ras a nommé l’amitié égualité, & quand
un esprit se faisoit de plusieurs, parquel
moyen pourra elle defendre son droit si
le coeur de l’un est lubrique, variable &
double. Ceux donc qui par douceurs
s’insinuent en noz aureilles, mais leur é-
prit n’est rien touché des actions de li-
beralité, telles amitiés à mon avis se doi-
vent non seulement découdre, mais du
tout rompre & couper. Car celuy n’aura
jamais la louange d’amitié, qui mesurera
la vertu de faire plaisir à autruy, qui est
grandement convenable à la nature de
l’homme, de son seul profit. Dont à bon-
ne cause Diogenes nous admonétoit de
nous garder de ceux, qui donnent une
main serrée à leurs amis, & cachent l’au-
tre sous leur manteau. Or l’amitié & foy
ne sont aux gestes, mais ceux qui veu-
lent avoir l’amitié d’un autre doivent
avoir ce precepte devant les yeux, de ne
soumetre l’amitié à chose quelconque, &
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [K7r p157]de n’omettre chose qui soit conjointe à
l’office de bienveillance. En quoy fau-
dra observer les reigles de liberalité, qui
commandent de plus donner à celuy qui
nous attient en quelque chose. Et qui fe-
ra cela avec prudence, je ne voy point en
quoy il doive craindre l’accusation de sa
femme & ses enfans. Car c’est chose tres-
odieuse, quand les enfans méttent l’honé
te largesse du pere liberal à crime & pro-
digalité. Comme si l’heredité de l’hon-
neur du pere ne soit pas à preferer à tout
patrimoine. Et ne faut tant donner
à la charité des enfans, que quelque par-
tie de notre vie se mette hors de son de
voir & office.

Notes:

1.  Correction made on the basis of latin original.



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