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Sur l’accord de Glaucus & Diomedes.[1]

Paix achetée.

Entre Glaucus & le fort Diomede
Estoit desja le combat ordonné:
Mais sur le point, l’expedient remede
De bon accord fut par eux moyenné:
Car par Glaucus de bon coeur fut donné
Un harnoys d’or au vaillant Diomede,
Lequel aussi courtoisement luy cede
Le sien d’erin en tous points beaucoup moindre.
Pour quelque pris tant soit grand, ou excede
Se faut par paix aux ennemis conjoindre.

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Narration Philosophique.

GLaucus fils d’Amphiliochus, qui
vint à Troie au secours de Priam
assiegé, par le jugement de la po-
sterité à éte loué, parce qu’ayant deman
dé le combat à l’encontre de Diomedes,
s’accorda en fin avecques luy, en luy of-
frant chose de grand pris. Lequel encores
qu’il n’eut faute de bon coeur & hardies-
se, laquelle incite communement les grands
espris à combatre: toutefois il estima étre
convenable à sa dignité, & non abhor-
rent de l’art militaire, s’il parlementoit
avec son ennemy de la paix mémes avec-
ques conditions iniques. Pourtant com-
me dit Homere, hardiment échangéa, a-
vec Diomedes armes d’or pour armes de
bronze, & les cent pars au neuf: & par ce
bel otage fit la paix avec son ennemy.
Car outre que tout evenement de guer-
re est incertain, la bataille apporte un
autre dommage avec soy, que souvent les
vaincueurs ont la victoire avec grandes
pertes. Ce que les histoires recitent de
Pyrrhus, qui avec grande perte des siens
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [O1r p209]ayant vaincu les Romains à Ascule, dit
que c’étoit fait de luy, si une autre fois ob
tenoit parreille victoire contre les Ro-
mains. Aussi y a il chose plus discrepan-
te à la societé des hommes, ou plus sem-
blable à la nature des bétes, que d’appli-
quer l’esprit, l’industrie, brief toute l’hu-
manité à defaire un autre metant à mort
celuy que nature t’a baillé sous ta foy &
guarde? Donc sagement admonétent
ceux qui des deux moyens de contention,
desquels l’un se fait par dispute, l’autre
par force, dient qu’il ne faut jamais user
du dernier, sinon que quand n’y a plus
d’espoir de pratiquer le premier. Car les
anciens ont estimé qu’il ne failloit jamais
entreprendre guerre, sinon pour avoir
paix: pour laquelle un homme magna-
nime ne doit refuser de se metre en hazart
de defense. D’ou vient qu’ilz appelloient
force, vertu bataillante pour l’equité.
Mais quand tu auras cherché les choses
qui sont propres au gouvernement des re
publiques, tu ne trouveras rien plus fer-
me a conserver une cité, ou plus duisant
à la nature de l’homme, que paix & tran-
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [O1v p210]quillité: à laquelle si les nations qui an-
ciennement ont obtenu Empire & do-
mination eussent servi: nous aurions
d’elles non seulement la memoire, la-
quelle toutefois est quasi abolie, mais
aussi leur Republique. Mais en aucuns
personnages souvent regne un si grand
desir de commander, que plus tost en-
dureront tous les maux du monde, que
de se tenir en leurs bornes. Ce qui est
n’a [=qui n’est] gueres avenue en un seigneur d’Italie,
qui estimant vivre en dueil & regret, s’il
ne pervenoit à l’Empire, en fin il devint
rien.

Notes:

1.  This is taken from Homer, Iliad, book 6 (quoting line 236 specifically in the commentary).



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