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A la statue d’Amour.

XCVII.

Plusieurs escrivains ont pris peine,

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De faire escriture certaine,
Du Dieu d’amours, & sa façon:
Et dient que c’est un garçon
Qui n’est point homme devenu,
Et va volant par l’air tout nu,
Avec un arc, dont flesches tire,
Rendant à plusieurs gros martyre:
Et ayant maint coeur moult grevé:
Quoy qu’il soit de veuë privé.
Voilà ce qui en est narré:
En quoy je dis qu’on a erré:
S’il appartient qu’ose reprendre
Les vieux, qui nous ont sceu apprendre.
Premier voicy où je me fonde:
Cil qui regne par tout le monde,
Est-il Dieu si debilement,
Qu’il n’ayt point un habillement?
Ou comme se pourroit il faire,
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [I7r p141] Qu’allant és lieux où il repaire,
Le froid d’hiver, que fait la bise,
Ne tuast l’enfant sans chemise?
Et si j’ay à ce respondant,
Disant qu’il porte feu ardant,
Je demande comme il peut vivre,
Veu que le feu à tout mort livre?
Et où sa vie feu rendroit,
Si sçait lon bien qu’il l’esteindroit,
Quand il va devers les Naiades:
Nymphes, Sereines, Seriades,
Et autres Deesses benignes
Procedans des maisons Marines.
Derechef lon l’appelle enfant,
Qui neantmoins fut triomphant
Sur Nestor[1] homme de grand’ aage,
Et qu’on tenoit tresmeur & sage.
Dont n’est vraysemblable sentence.
Car l’enfant est plein d’inconstance.
Et cestuy-cy est invincible,
Au moins à vaincre peu possible.
Et dés qu’un coeur tient en surprise,
A peine en rompt lon l’entreprise.
Apres lon dit qu’un arc il porte,
Et l’enfant a main si peu forte,
Que ja n’en pourroit un arc tendre,
Pas pour en sçavoir grand coup rendre.
Consequemment lon dit qu’il vole,
Mais vraye n’est telle parole:
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [I7v p142] Car tousjours veut vers l’homme aller,
Et ne va pas fort haut en l’air.
Aussi nous connoissons assez,
Qu’il n’a gueres d’oiseaux blessés.
Puis contraire apparence note
Ceux qui dient qu’il ne void goute,
Pource que l’oeil sert à l’archer,
A voir ce où il veut lascher.
Et puis l’aveugle ne commande
Que de drapeau ses yeux on bande.
A ces moyens fais contredit,
A tout ce qu’on a de luy dit.
Et quand à moy, sçavoir te fais,
Qu’amour est un tresplaisant faix:
Un labeur, où lon prend repos,
Maladie en corps bien dispos,
Travaillant en oysiveté,
Gay en hyver comme en esté.
Et puis qu’il rend joyeuses larmes
On luy fait avoir en ses armes
Grenade, qui joye rapporte:[2]
En champ de sable qui deuil porte.

commentaires.

Plusieurs poëtes ont amplement escrit, que c’est
qu’Amour, & quelle est sa puissance, & quels ses
faicts. On feint que Cupidon soit nud, enfant, armé
d’arc & de flesches, aislé, & aveugle. Alciat dit que
toutes ces choses ne peuvent convenir à Cupidon.
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [I8r p143] Pourquoy seroit il nud? pourquoy defaudroyent ha-
billements à un si grand Dieu, qui domine sur tout
le monde, & qui possede toutes les richesses d’iceluy?
comme pourroit-il estant nud, supporter les neiges,
les vents, les pluyes, & le froid rigoureux? comme
peut-il estre enfant, veu qu’il est plus vieil que Ne-
stor
, qui a vescu trois cents ans? Il y a davantage: car
un enfant est vagabond & inconstant: & cestuy-cy
est endurci & immuable, & qui s’ancre trop ferme-
ment és poictrines qu’il a une fois transpercees. Pour-
quoy porteroit-il un arc, & des flesches & dards?
un enfant peut-il bander un roide arc? peut-il porter
sur soy choses pesantes? A quoy luy peuvent servir
ses aisles, s’il ne se peut eslever de dessus terre, s’il ne
chasse point aux oiseaux de l’air, & si il ne blece au-
tre que les coeurs des hommes qui sont sur la terre?
S’il est aveugle de faict, quel besoing est-il de luy
mettre un bandeau sur les yeux? S’il n’y void goutte,
comme peut-il viser pour addresser ses flesches? Si,
comme lon dit, il est de feu, & porte des brandons en
sa poictrine, comme peut il demeurer en vie, puis que
le feu consume tout? Comme ce feu n’est-il estainct,
quand il penetre les molles poictrines des Naiades?
Mais à fin que le lecteur ne s’envetille parmi tant
d’erreurs & varietés, j’expliqueray brievement que
c’est qu’Amour. C’est un joyeux travail en une oisi-
veté lascive: duquel les armoiries sont, une pomme
grenade en un champ de sable. Mais cecy l’auteur
le laisse à deviner à qui voudra. On en pourroit bien
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [I8v p144] toucher quelque chose: mais non pas sans user de sales
propos.

Notes:

1.  Nestor, king of Pylos, who had outlived three generations of men, was a proverbial example of extreme old age.

2.  The pomegranate. Possibly the connection here is the rough aftertaste it leaves and the likelihood of it being bad under its smooth skin. The pomegranate is a symbol of Aphrodite, the goddess of love.


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Sopra la statoa d’Amore.

On the Statue of Love.


Molti, ch’in vago stil, dolce, & ornato
Donne mie chare ragionar d’Amore,
Lo dipinser fanciul nudo & alato
Con li strali, ond’alcun languisce e more.
Gli fecer l’uno e l’altro occhio velato
Si che veder non possa dentro e fuore;
Forma & habito tal, ch’al parer mio
E di vergogna, e non conviensi a un Dio.
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [p110]Com’esser puo, che chi possede, quanto
Contien fra noi di par la terra e l’onda;
Non habbia, onde poter coprirsi tanto,
Che vesta le sue membra, e che l’asconda?
E come di passar si po dar vanto,
Quando la neve e’l gel tutto circonda,
Per monti e piani? O come si puo dire
Fanciul, chi porge a vecchi aspro martire?
Lieve fanciullo in questa e’n quella parte
Ne va scherzando, e non si ferma un passo
Ma dov’entra costui, non si diparte
Di suo voler, se non si è privo a casso.
L’Aarco no gli convien: che forza od arte
Non ha un fanciul di ferir alto o basso
Ha l’ali in van; che, come immobil pietra
Da un cor, che già ferì, mai non s’arretra
E s’egli è cieco, a che l’oscura benda,
Che copra gliocchi, onde non vegga lume?
E come avien, che le saette spenda
Link to an image of this page  Link to an image of this page  [p111]Ferendo alcun giamai chi non ha lume?
E se nel petto ha il foco, ond’altri accenda,
Perche anchor vive fuor d’ogni costume?
Che pur la fiamma, benche alquanto tarde,
Ogni cosa fra noi consuma & arde.
E Perche non s’estingue in mezzo l’acque,
Quando infiamar la giù le Nimphe e i pesci
Alpossente fanciul diletta & piace.
E par che tutto del suo caldo mesci?
Ma perche il lungo error Donne, che giace
Nel bel vostro pensier, si parte & esci,
Quello, che proprio è Amor, con brevi carmi
Dirò, se non v’incresce d’ascoltami.
Amor è Donne, un dilettoso affanno,
Che d’ocio sempre si nutrica e pasce;
Ne l’offende il sentir cordoglio e danno,
E speme il latta ne le prime fasce.
Ma di lascivia & non veduto inganno
D’apparente beltà ne l’alma nasce.
In negro Scudo assai gentile e degna
Un Melegran di lui forma l’Insegna.


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